En 2026, Ora-ïto continue de tracer sa route dans le paysage du design français. Ses créations, entre sculptures et objets du quotidien, portent une signature forte : des lignes pures, des formes monobloc, une vraie liberté. Trois projets récents retiennent l’attention, tant par leur ambition que par leur lien profond avec les savoir-faire français. Verrions-nous émerger une nouvelle manière de penser le mobilier ? Peut-être.
Ora-ïto et le renouveau du mobilier français
Le designer marseillais ne cesse de bousculer les codes. En 2026, ses créations de mobilier français dialoguent avec l’architecture d’intérieur, les matériaux bruts et les gestes précis des artisans. Chaque pièce raconte une histoire, celle d’une rencontre entre l’audace contemporaine et la tradition.
Ce qui frappe dans son travail, c’est la simplicité apparente. Derrière chaque courbe, chaque angle, se cache une réflexion technique exigeante. Ora-ïto pense le meuble comme un compagnon de vie, capable de transformer un espace sans le surcharger. Une philosophie qui touche autant les particuliers que les grands industriels.
Cette vision s’inscrit dans un mouvement plus large. Le design hexagonal connaît un vrai regain depuis quelques années. Les maisons historiques côtoient les jeunes studios, les matériaux recyclés se mêlent aux essences nobles. Et au cœur de cette effervescence, Ora-ïto occupe une place singulière : celle d’un créateur qui refuse de choisir entre l’art et la fonction.
Son approche attire aussi les institutions. On le voit intervenir sur des projets liés au patrimoine, à la transition écologique, à la médiation culturelle. Loin des showrooms clinquants, il s’intéresse à la manière dont le design peut améliorer le quotidien de tous.
Trois projets 2026 qui dessinent une nouvelle vision
Le premier projet prend la direction de Milan. Du 20 au 26 avril 2026, le Brera Design District accueille une exposition collective intitulée Le Design Défilé. Portée par French Living in Motion, l’événement réunit treize maisons françaises : Alki, Fermob, Gautier, Ligne Roset, Maison Sarah Lavoine, Objekto, entre autres. En tout, 38 pièces de mobilier signées par des créateurs comme Andrée Putman, Constance Guisset ou Elliott Barnes y sont présentées.
Le deuxième projet s’ancre à Paris. Lors de la Nuit Blanche, Ora-ïto imagine une installation nommée ORA dans la cour Perret du Mobilier national. Un jardin enfoui ressurgit, porté par des voix, des sons, des lumières. L’installation végétale, signée Domitille Basso pour Thyrse, transforme le béton en prairie fragile. Les visiteurs déambulent entre les clairières d’écoute, portés par une vibration collective.
Le troisième projet prolonge cette réflexion à Marseille. Sur les îles du Frioul, à quelques encablures du Vieux-Port, le designer travaille sur un espace muséal et artistique. Le programme prévoit un musée interactif, un centre de recherche et un campus de formation aux métiers de la transition écologique. L’horizon : 2026, toujours. Une manière pour Ora-ïto de rendre au territoire ce qu’il lui a donné.
Le Design Défilé à Milan : le mobilier français à l’honneur
Le concept est inédit : présenter le mobilier comme une collection de mode. Au 11 Via Statuto, la scénographie imaginée par Jakob+MacFarlane transforme l’espace en podium. Un parcours en bois traverse les salles intérieures et extérieures, guidant le regard vers des pièces soigneusement éclairées.
Le choix du bois n’est pas anodin. Réalisé à partir d’essences locales et entièrement recyclable, ce dispositif incarne les valeurs défendues par les exposants : durabilité, éco-conception, recyclabilité. Une façon de rappeler que le beau peut et doit rimer avec le responsable.
Cette exposition ne concerne pas seulement les grandes maisons. Elle met aussi en lumière des fabricants et éditeurs moins connus : 3C, APPRT2, Atelier Héphaïstos, Drugeot Manufacture, Petite Friture, Rinck, Scenarii edition. Des structures qui perpétuent une attention minutieuse aux matériaux et aux savoir-faire conservés en France.
Le commissariat a sélectionné des pièces emblématiques, mais aussi des créations plus récentes. Chaque maison présente trois objets qui résument son identité. Une manière de raconter l’histoire du design hexagonal à travers ses objets les plus parlants.
Une scénographie pensée comme un podium de couture
Brendan MacFarlane, cofondateur de Jakob+MacFarlane, résume l’intention : interroger la manière dont le design est perçu aujourd’hui. Le défilé devient une métaphore. Les objets évoluent, dialoguent avec le corps, laissent une empreinte sensible sur l’espace.
Cette approche déplace le regard. On ne regarde plus un meuble comme un simple objet utilitaire, mais comme une pièce vivante, capable d’influencer notre ressenti. La frontière entre la mode et le mobilier s’efface, au profit d’une expérience globale.
- 🇫🇷 13 maisons françaises réunies à Milan
- 🪑 38 pièces de mobilier présentées
- 🌱 100 % bois locaux et recyclable pour la scénographie
- 🎨 Une sélection alliant création contemporaine et savoir-faire historique
L’exposition ouvre ses portes du 20 au 26 avril 2026, de 10h à 19h. Le vernissage est prévu le mardi 21 avril à partir de 19h. Les organisateurs espèrent attirer un public large : collectionneurs, architectes d’intérieur, curieux, étudiants. Le design français a tant à montrer.
ORA au Mobilier national : un jardin ressuscité en pleine nuit
Le temps d’une nuit, les pavés de la cour Perret se transforment en terre fertile. ORA, installation transdisciplinaire, explore la mémoire du site. Avant l’architecture moderniste d’Auguste Perret, ce lieu accueillait les jardins de la Manufacture des Gobelins. Une histoire que le béton n’a pas tout à fait effacée.
L’œuvre collective ouvre une faille dans le sol minéral. Une sculpture végétale émerge, accompagnée par les voix d’une dizaine d’artistes. Mathilde Fernandez, Phoebe Hadjimarkos-Clarke, Sara Mokrani, La Chica, Romain Noël & Low Lov, Sophie Seita, Morita Vargas et Laura Vazquez partagent lectures, chansons et incantations. Leurs paroles, collectées sous forme de notes vocales, bercent les visiteurs.
L’assemblage sonore signé Fallon Mayanja tisse ces voix entre elles, créant une polyphonie troublante. On chuchote à la parcelle, à ses fantômes de pousses fragiles et d’arbres tricentenaires. Des confidences qui semblent parfois faire parler le sol en retour.
L’installation lumineuse, conçue par Charlotte Galabru et le Light Lab, accompagne ce mouvement. Les projecteurs dessinent des clairières dans l’obscurité, révélant les textures végétales et minérales. Une véritable chorégraphie de la lumière et de la matière.
Une expérience sensorielle entre passé et présent
Le dispositif sonore, pensé par Paul Emilieu et Pikip Solar Speakers, diffuse les voix à hauteur d’oreille. Les visiteurs sont invités à se déplacer librement, à suivre les sons, à chercher leurs origines. Une déambulation intime, presque secrète.
Cette expérience éphémère pose une question : comment réconcilier mémoire et modernité ? ORA ne donne pas de réponse définitive. Elle ouvre plutôt un espace de possibles, un entre-deux où le végétal et le minéral dialoguent enfin.
| Projet | Lieu | Date 2026 | Initiative |
|---|---|---|---|
| Le Design Défilé | Milan, Via Statuto 11 | 20 – 26 avril | French Living in Motion |
| ORA Nuit Blanche | Paris, Mobilier national | 6 – 7 juin | Alice Giudicenti & Manon Klein |
| Musée du Frioul | Marseille, îles du Frioul | Horizon 2026 | Ora-ïto & partenaires |
La Nuit Blanche se déroule du samedi 6 au dimanche 7 juin 2026, de 19h à 2h. L’entrée est libre et sans réservation, dans la limite des places disponibles. Une nuit pour rêver, écouter, ressentir. Une nuit pour se souvenir que la terre murmure, même sous le béton.
Frioul 2026 : l’île-musée imaginée par Ora-ïto
À Marseille, le designer nourrit un projet ambitieux depuis plusieurs années. Il s’agit de transformer les îles du Frioul en un pôle culturel et environnemental unique. Le modèle s’inspire d’une petite île japonaise, où art, nature et recherche cohabitent harmonieusement.
La nouvelle mouture du projet prévoit un musée interactif, un centre de recherche et un campus de formation dédié aux métiers de la transition écologique. L’échéance est fixée à 2026. Un calendrier serré, mais le designer avance pas à pas, avec méthode et conviction.
Ce projet illustre une tendance de fond dans le design français : l’engagement territorial. Les créateurs ne se contentent plus de dessiner des objets. Ils s’impliquent dans la vie des lieux, des communautés, des paysages. Cette vision élargie du métier séduit de plus en plus d’institutions publiques.
Pour Ora-ïto, le Frioul représente un retour aux sources. Né à Marseille, il a longtemps observé ces îles depuis la côte. Aujourd’hui, il imagine leur devenir. Un dialogue entre mémoire et futur, entre patrimoine naturel et création contemporaine.
Quel impact pour le design français ?
Ces trois projets montrent la diversité des approches possibles. Milan explore la dimension spectaculaire du design, Paris en révèle la dimension poétique, Marseille en affirme la dimension sociale et environnementale. Autant de facettes d’une même discipline.
le mobilier français se réinvente, mais il conserve son ancrage : la qualité des matériaux, la précision des gestes, le goût du travail bien fait. Ora-ïto incarne cette continuité dans la rupture. Ses créations, esthétiques et fonctionnelles, séduisent un public toujours plus large.
En 2026, le designer marseillais prouve une chose : la création française n’a pas fini de surprendre. Entre audace et transmission, elle construit un avenir où l’innovation rime avec exigence. Et si le meuble devenait le point de départ d’une autre manière d’habiter le monde ?

Ancienne assistante d’architecte d’intérieur devenue chroniqueuse déco, Lina fonde Appaloosa en 2023 pour écrire librement sur la maison. Elle vit entre Toulouse et une longère du Gers en rénovation.
8 commentaires
L’alliance de la fonction et de l’art, une leçon de maîtrise. Bravo pour ce travail.
Belles pièces, mais ce qui me plaît c’est leur capacité à transformer un espace sans l’alourdir. Essentiel en rénovation.
Merci Lina pour cet article. Ces lignes pures me donnent des idées pour mon futur cabinet, entre bien-être et fonctionnalité.
L’approche d’Ora-ïto sur le monobloc et les matériaux bruts me rappelle certains principes du design paramétrique. Idéal pour un loft connecté.
Des courbes apaisantes qui transforment un salon en havre de paix. J’aime beaucoup.
Bonjour Lina, des pièces fonctionnelles qui agrandissent visuellement l’espace, idéal pour le home staging.
Le mariage subtil de la tradition et de l’audace, une pièce qui a du caractère.
La lumière naturelle doit révéler de superbes nuances sur ces volumes.